BoOW Studio
Étude de cas · Architecture · Photographie

Huit heures du matin,
courts vides.

Le Tennis Club des Flandres, à Croix, abrite ses courts en terre battue sous une halle métallique à verrière. Un lieu que tout le monde photographie mal, pour une raison simple : on y vient quand il est occupé.

Reportage d'architecture au Tennis Club des Flandres à Croix : charpente métallique et verrière au-dessus de la terre battue
Lumière naturelle seulela verrière fait tout le travail
Aucune présencele lieu comme sujet, pas comme décor
Deux échellesla charpente et le grain de la terre
Le point de départ

Un lieu chargé se photographie
mal par excès.

Charpente rivetée, verrière, coursives suspendues, terre battue rouge : il y a trop à montrer. La tentation est de tout cadrer en même temps, et le résultat est une carte postale — spectaculaire, illisible, sans point d'entrée pour le regard.

La contrainte technique

Une verrière crée un écart de luminosité considérable entre le toit et le sol. Exposer pour la charpente noie la terre battue dans le noir ; exposer pour le sol brûle la verrière. Il n'y a qu'un moment où l'écart se referme, et c'est tôt.

La décision

Venir avant l'ouverture. Pas d'éclairage d'appoint, pas de joueurs, pas d'activité. Un lieu vide se lit — et un court vide raconte mieux le tennis qu'un court occupé, parce qu'il laisse la place à celui qui regarde.

La série

Trois distances,
un seul lieu.

Un reportage d'architecture ne se joue pas sur le nombre de vues mais sur leur écart. Trois distances suffisent à faire comprendre un bâtiment : ce qui le tient, comment on l'habite, de quoi il est fait.

Vue au ras du sol du court central du Tennis Club des Flandres, charpente métallique en éventail au-dessus
La structure. Depuis le sol, les arcs métalliques se referment en éventail au-dessus du court.
Coursive centrale suspendue entre deux courts de tennis, garde-corps métalliques et bancs de bois
L'usage. La coursive centrale, d'où l'on regardait jouer.
Ancien tableau de scores peint à la main dans les tribunes du Tennis Club des Flandres
Détail rapproché de la surface en terre battue, grain et graviers en faible profondeur de champ

Le détail vaut la vue d'ensemble. Un tableau de scores peint à la main et le grain d'une terre battue en disent plus long sur l'âge d'un lieu que n'importe quel plan large.

Ce que ça donne

Un lieu photographié une fois,
utilisable dix ans.

Court en terre battue vu de face, bancs blancs et chaise d'arbitre alignés devant le mur du fond

C'est l'argument le moins spectaculaire et le plus solide d'un reportage de lieu : les images ne se démodent pas. Un bâtiment ne change pas de saison. Une série faite correctement une fois sert la communication, la presse, les dossiers et les supports imprimés pendant des années — à condition que le nom de l'auteur circule avec elles.

  • Repérage. Comprendre d'où vient la lumière et à quelle heure elle est tenable.
  • Prise de vue. Lieu vide, lumière naturelle, trois distances de lecture.
  • Post-production. Un traitement unique sur toute la série, sans surenchère de contraste.
  • Livraison. Fichiers haute définition pour l'impression et versions web légères.
Ce que ces images sont devenues

Une commande de 2014
qui circule encore.

La série avait été commandée pour le site du club, que j'avais réalisé à l'époque. Elle a fini par servir bien au-delà.

01

Une exposition dans le club

Des tirages grand format installés dans le club-house et sur le parking. Les images ont quitté l'écran pour devenir un décor permanent — c'est le meilleur sort qu'une photographie d'architecture puisse connaître.

02

Une mémoire du lieu

Le club a depuis été repris par la municipalité et le site que j'avais construit s'est arrêté. Ces images restent l'un des rares témoignages photographiques de la halle telle qu'elle était alors.

03

Une parution nationale

France 3 Hauts-de-France reprend deux images de la série pour illustrer un article sur l'histoire du club — Suzanne Lenglen, les Quatre Mousquetaires, Stan Smith y ont joué. Les deux photographies sont créditées à mon nom.

04

Et la presse régionale

La Voix du Nord reprend la même image pour couvrir la reprise du bâtiment par la ville de Croix, votée à l'unanimité en conseil municipal. Photo créditée à mon nom, en légende.

Article France 3 Hauts-de-France sur l'histoire du Tennis Club des Flandres, photographie créditée Pierre Requillart
France 3 Hauts-de-France, « Roland Garros 2024. Lenglen, Mousquetaires, Smith, ces légendes qui ont foulé les courts du Tennis Club des Flandres. »
Article La Voix du Nord sur la reprise du Tennis Club des Flandres par la ville de Croix, photographie créditée Pierre Requillart
La Voix du Nord, « Croix : le bâtiment du Tennis club des Flandres passe aux mains de la ville. »

C'est la nature de ce métier : on photographie un lieu pour un usage précis, et dix ans plus tard les images servent à autre chose que ce pour quoi elles ont été faites — à condition que le nom de l'auteur circule avec elles. Une bonne série survit à sa commande.

La suite

Votre lieu vaut mieux qu'une photo prise à la volée.

Un bâtiment, un atelier, une boutique : ce sont des images que vous réutiliserez pendant des années. Autant qu'elles soient faites une fois pour toutes, et bien.

Le même œil s'attarde sur la matière des sculptures de Terres Ethniques. Et sur les routes de Norvège, il travaille sans commande.