BoOW Studio
Carnet · Voyages · Norvège

La Norvège
à vélo.

Les fjords norvégiens l'été. De grands espaces, une immensité, un appel à l'aventure. La découverte de villages où le jour ne tombe jamais.

Couverture du carnet de bord Norvège : la lune au-dessus des montagnes, vue depuis le ferry au crépuscule
L'itinéraireNarvik → Rambergpar les îles Lofoten, juillet 2017
L'équipageDeux vélos, deux copainsarrivés en train, comme dix ans plus tôt
Le véloGenesis Vagabondquatre sacoches
Le regardFujifilm X-Pro1un seul objectif, un 35 mm
Avant de partir

Dix ans plus tôt,
on avait fait ce chemin à pied.

C'était la seule raison de partir : refaire une route qu'on avait aimée, autrement. Même pays, même copain, même train pour y aller — et des vélos à la place des chaussures. Il n'y avait rien à prouver, rien à découvrir non plus. Juste l'envie de revoir si c'était toujours là.

On avait aussi une adresse en tête. Des gens rencontrés à l'époque, avec qui le courant était passé fort et vite, comme ça arrive en voyage. On a fait le détour, on a sonné. Personne. On est restés un moment devant la porte à se demander si on laissait un mot, ou des photos. On n'a rien laissé. On est repartis.

Le reste était simple : deux copains, des sacoches, la lumière du nord en juillet. Pas un reportage sur la Norvège — un reportage sur nous deux traversant la Norvège lentement.

Carte dessinée de l'itinéraire du voyage à vélo en Norvège, de Narvik aux îles Lofoten
Narvik → Ramberg · agrandir
La série

Étape par étape.

Le départ en train Étape 01

Quatre-vingt-onze heures de train depuis Lille. La Belgique, l'Allemagne, le Danemark, puis la Suède qu'on traverse en entier, du sud jusqu'au nord. Cinq ou six changements — certains à cinq minutes chrono, d'autres à six heures d'attente en pleine nuit, à zoner dans une gare vide. On s'y fait vite, et c'est même ce qui fait le voyage : un long espace tampon qui vous décroche de votre vie et vous raccroche au projet, pays après pays.

Chaque pays a ses trains, et ils en disent plus long qu'un guide. Les couchettes suédoises ont des douches — de vraies douches, à bord d'un train. On croise du monde, on parle, on se refait déjà des souvenirs qu'on n'a pas encore. Ces rails-là sont suédois : il reste du chemin avant Narvik.

Le seul point noir, ce sont les vélos. Il faut les démonter, les mettre en housse, puis les remonter à l'arrivée, avec les dégâts que ça suppose. Entre-temps ils voyagent debout dans un couloir, parfois devant les toilettes, pendant que les gens se faufilent. Une vraie politique vélo dans les trains ne serait pas du luxe.

Voie ferrée dans le nord de la Suède, sur la route de Narvik
Dans le train de nuit vers la Norvège
Carte routière glissée dans la sacoche du vélo

Narvik Étape 02

Premier soir, premier bivouac. Des pêcheurs croisés sur la grève nous offrent un poisson. On n'avait rien demandé, on a échangé trois phrases en anglais. Ce sera notre premier repas, cuit au feu de bois, dans une lumière qui refuse de baisser. L'odeur du bois, celle de la mer, le poisson d'un inconnu : le voyage commence exactement comme on l'espérait.

Le fjord de Narvik au soleil de minuit
Feu de bois du premier bivouac, en Norvège

Bognes Étape 03

Les routes sont interminables et c'est tant mieux. On avance dans quelque chose qui ressemble à une carte postale démesurée : la nature partout, les fjords qui s'ouvrent à chaque virage. Il y a du dénivelé, beaucoup — c'est ici que le voyage devient sportif. On dort où on s'arrête. La maison est sur le vélo.

Route de montagne au-dessus du fjord, près de Bognes
Vélo chargé posé au bord de la route, en Norvège

Skutvik Étape 04

C'est le port qu'on attendait. Il y a dix ans, à pied, on n'était pas allés jusque-là : les Lofoten étaient restées une idée, un nom sur une carte. Ce bateau, on l'a désiré longtemps. On monte à bord avec l'impatience un peu bête de ceux qui savent que le meilleur commence maintenant.

Drapeau postal norvégien claquant au vent au-dessus du port de Skutvik
L'attente au port de Skutvik avant la traversée
Les montagnes vues depuis le pont du ferry
Le sillage du ferry vers les îles Lofoten
Village au bord du fjord vu depuis le ferry

Les îles Lofoten Étape 05

On débarque à Kabelvåg au matin, après une nuit passée à bord. Le corps est lourd, la lumière est déjà haute. Premier geste à terre : sortir le réchaud et faire couler un café. C'est le premier moment du voyage où on ne fait rien, et il compte autant que le reste.

Puis on lève les yeux. Des murs de roche qui tombent droit dans l'eau, des plages claires au pied des sommets, une lumière qui ne s'éteint jamais tout à fait. On avait imaginé ces îles pendant dix ans. On a l'impression d'entrer dans un décor de film, sur une terre restée à un autre âge, où quelque chose de très ancien pourrait encore vivre.

Carte dessinée des îles Lofoten avec l'itinéraire à vélo
L'itinéraire dans les Lofoten
Cafetière italienne sur un réchaud à bois, premier café au débarquement à Kabelvåg
Les îles Lofoten en 2017 — image de titre du carnet de voyage à vélo
Le vélo chargé face aux sommets des Lofoten
Fjord et sommets des îles Lofoten
Village de pêcheurs des Lofoten au bord de l'eau

Sur la route de Valberg Étape 06

La route longe l'eau et traverse des villages de bois peint — rouge, jaune, ocre — posés là où la roche laisse un peu de place. C'est l'image qu'on se fait de la Norvège, et elle est là, à chaque virage. Des maisons basses, des couleurs franches, rien de superflu. On s'arrête souvent, pour rien, juste parce que c'est beau.

Sur la route de Valberg — carnet de voyage à vélo en Norvège
Paysage des Lofoten sur la route de Valberg
Halte au bord de la route, Lofoten
Les sommets des Lofoten sous les nuages, sur la route de Valberg

Ramberg Étape 07

C'est ici que le vélo s'arrête. Après, ce sera le ferry jusqu'à Bodø, puis le train, puis le chemin à l'envers. On est fatigués et on est heureux, les deux en même temps. Le ciel est encore spectaculaire — il l'a été du premier au dernier jour. On serait bien restés. On y reviendra peut-être, avec un autre projet en tête.

Ramberg — carnet de voyage à vélo en Norvège
La plage de Ramberg au bout des Lofoten
Ce que j'en retiens

Le pays n'avait pas bougé.
Nous si.

Un boîtier, un 35 mm. Ce n'était pas un parti pris, c'était une question de poids : à vélo, on n'emporte pas trois objectifs.

Ce qu'on emporte en revanche, c'est le temps. On s'arrête quand on veut, aussi longtemps qu'on veut, sans rien devoir à personne. Le paysage arrive lentement, on le voit venir de loin — et on a souvent décidé quoi en faire avant d'être devant.

Je faisais des séries bien avant ce voyage, celui-là n'a rien inventé. Mais il a rendu évident ce que je cherchais déjà : peu d'images, qui se répondent au lieu de s'accumuler, et qui tiennent debout sans qu'on ait besoin de les expliquer.

Dix ans plus tôt, on avait fait ce chemin à pied. Entre-temps les fjords n'ont pas changé de place et la lumière de juillet est restée la même. C'est le reste qui avait bougé — et c'est probablement la seule bonne raison de refaire un voyage.

Et pour votre marque

Le même regard, mis au service d'un projet.

Ces séries n'ont pas de client. Mais c'est le même œil qui photographie vos produits, votre lieu ou vos œuvres.

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